14.5.26

Messe annuelle à la chapelle Saint-Clair de l'Hermitage

D:\Société Archéologique\Communiqués Presse\Année 2019\St-Clair -16 juin 2019\Photos proposées\Saint-Clair.jpg 

Madame, Monsieur,                                                                                                                               

Vous êtes bien cordialement invité(e)(s) à participer nombreux à la messe annuelle célébrée à la Chapelle Saint-Clair de l’Hermitage, au Pont Dom-Guérin en La Bazouge-du-Désert, le:

 Dimanche 31 mai 2026, à 17 h

Le Père Bernard Heudré, président d’honneur de notre Société, ne pouvant plus assurer les célébrations dans nos chapelles, la messe sera dite par le Père Bénigne IKANI, curé de la paroisse Saint-Martin-du-Désert qui regroupe les communautés paroissiales de Louvigné, La Bazouge, Landéan, Monthault et Parigné.

12.5.26

Conférence: Le père Jean FLEURY, Un enfant du Pays, grande figure nationale

Vendredi 5 juin 2026, à 20 h 15, aux Ateliers 

Salle des conférences 


Notre collègue, M. Daniel HEUDRÉ, évoquera une figure peu connue du Pays de Fougères :

Le père Jean FLEURY,

   Un enfant du Pays, grande figure nationale



Jean Fleury est le premier en France à être nommé Juste parmi les Nations, en 1964. Né le 21 févier 1905 à La Selle-en-Luitré, il devient prêtre et rejoint l’ordre des Jésuites. Il est affecté à Poitiers. En mai 1942, il s’occupe du camp de la route de Limoges, où sont internés nomades, gitans et tsiganes. En 1943, il trouve des lieux de survie pour des femmes résistantes communistes, qui ont remplacé des nomades dans le camp. Enfin, il seconde le rabbin Elie Bloch, au sein du camp juif, situé à proximité du camp des nomades, et réussit à faire sortir de nombreux enfants juifs et à leur trouver des familles d’accueil.

En septembre 1944, il obtient la libération de la ville par la reddition sans combat de l’occupant, alors que les maquis s’apprêtent à combattre la garnison allemande. En mai 1945, il utilise des cars de la société des Rapides du Poitou afin d’aller chercher des déportés du camp de Dachau. Il décède le 4 décembre 1982.

Cette conférence est ouverte au public, vous pouvez bien entendu y amener vos amis.






Jean Fleury est le premier en France à être nommé Juste parmi les Nations, en 1964. Né le 21 févier 1905 à La Selle-en-Luitré, il devient prêtre et rejoint l’ordre des Jésuites. Il est affecté à Poitiers. En mai 1942, il s’occupe du camp de la route de Limoges, où sont internés nomades, gitans et tsiganes. En 1943, il trouve des lieux de survie pour des femmes résistantes communistes, qui ont remplacé des nomades dans le camp. Enfin, il seconde le rabbin Elie Bloch, au sein du camp juif, situé à proximité du camp des nomades, et réussit à faire sortir de nombreux enfants juifs et à leur trouver des familles d’accueil.

En septembre 1944, il obtient la libération de la ville par la reddition sans combat de l’occupant, alors que les maquis s’apprêtent à combattre la garnison allemande. En mai 1945, il utilise des cars de la société des Rapides du Poitou afin d’aller chercher des déportés du camp de Dachau. Il décède le 4 décembre 1982.

Cette conférence est ouverte au public, vous pouvez bien entendu y amener vos amis.

2.5.26

Un dessin d'Achille Devéria sur l'Abbé Poussinière, Par M. Michel COINTAT

 Mon maitre en Sorbonne, M. Charles Jacob, nous disait il y a déjà bien longtemps : " Cherchez, cherchez, vous trouverez toujours quelque chose. Ce ne sera jamais ce que vous cherchez, mais quelle importance puisque vous aurez trouvé... "                                                                                            Ainsi, en octobre 1972, parti à la découverte de documents sur l'agriculture chez les marchands de vieux papiers et d'autographes, je suis tombe sur un amusant dessin de DEVERIA et qui, en outre, intéressait l'histoire de Fougères au XVIIe siècle avec les miracles de l'abbé Poussinière. Bien entendu, je récupérai ce manuscrit et j'ai aujourd'hui le plaisir de vous le présenter. Trois questions viennent naturellement à l'esprit : quel est ce dessin ? Qui est Achille Devéria ? et qui est l’abbé Poussinière ?    Je voudrais répondre brièvement à ces trois questions, en espérant que mes réponses sauront retenir votre attention.                                                                                                                                           Ce dessin à la plume, daté de 1855, de couleur vaguement sépia, représente un prêtre en soutane retroussée, serein mais l'œil mystique, emportant dans les airs un quidam épouvante. Le chapeau à trois cornes de celui-ci tombe, tandis que les deux hommes, habillés à la mode Louis XV, viennent de frôler un clocher pointu et penché.                                                                                                                        Le paysage est méconnaissable. Une ville basse fortifiée s'étend dans la vallée. Sur une falaise mouvementée, une ville haute montre quelques clochetons et maisons derrière de belles murailles.          Le dessin est d'une grande finesse et particulièrement harmonieux dans le style romantique du XIXe siècle. Il était destiné à une revue hebdomadaire « L'ami de la maison » pour illustrer un article sur l’abbé Poussinière et la gravure a paru en couverture le 22 mai 1856, mais inversée, le clocher étant à droite et non à gauche, suivant le procédé classique de la lithographie.                                                      « Il s'agit bien entendu d'un dessin de composition. Mais dans l'imagination de l'artiste on peut y voir le clocher de Saint-Sulpice, les quartiers du Nançon, toutefois sans le château et le bourg de Saint-Léonard fortifie et campe sur son rocher.                                                                                                            Cette hypothèse est vérifiée par une légende autographe de huit lignes qui est la suivante :                    Comment un clocher des environs de Rennes est devenu penché ?                                                            "L'abbé Poussinière étant un jour à Fougères, rencontra un de ses amis qui l'invita à diner avec lui. Impossible dit l'abbé, je dine à Rennes aujourd'hui. A Rennes, reprit son interlocuteur, tu n'y penses pas, il est quatre heures et demie et d'ici Fougères, il y a huit bonnes lieues. Bah ! répartit l'abbé, c'est l'affaire de cinq minutes, veux-tu venir avec moi ? Mets ton pied sur le mien, et tu vas voir. Et ce disant l’abbé lui tend son pied et l'ami, croyant rire, y pose le sien, mais a sa grande terreur l’abbé l'empoigne, puis fait un bond et les voilà partis, traversant l'espace avec la rapidité de la flèche. Or, le compagnon peu expérimenté ayant fait un faux mouvement, heurte violemment le faite d'un clocher qui reste depuis incliné comme on le voit encore aujourd'hui. Ce fait est consigné tout au long dans les pièces du procès de l’abbé Poussinière qui, convaincu de sorcellerie, fut comme tel brûlé vif à Rennes au XVIII siècle".    Le sommet du clocher de l'église Saint-Sulpice resta longtemps tordu par les caprices du temps mais depuis, des travaux de restauration lui ont fait retrouver sa rectitude. Et nous ne retiendrons pas quelques inexactitudes de Devéria qui place Rennes à 32 km seulement de FOUGERES et qui se trompe d'un siècle sur le procès de l'abbé Poussinière.                                                                             Cette anecdote extraordinaire est-elle seulement du domaine légendaire ? 



Le dessin d'Achille DEVÉRIA


Pour l'instant voyons d'abord qui est l'auteur de ce dessin.                                                               Achille, Jacques, Jean, Marie DEVERIA est ne à Paris, le 6 février 1800. Ce peintre parisien était élève du vignettiste Laffite et de Girodet (1767-1824), peintre napoléonien, connu par les < Funérailles d'Atala » (1808-Louvre), dont on n'apprécie plus guère l'esthétique. Il avait un frère, plus jeune de quatre années, Eugene, François, Marie, Joseph DEVERIA (22 avril 1804 - 3 février 1865), également peintre et qui gagna la célébrité par une énorme toile actuellement au Louvre « La naissance d'Henri IV », à laquelle Achille avait largement collaboré.                                                                                                            Les fougerais ne dissocient pas les deux frères Devéria a cause d'un séjour que ceux-ci firent à Fougères, grâce à un certain Charles DOUSSAULT (1806-1870) qui demeurait 38, rue Nationale, et qui était à la fois leur élève et leur ami. Il semble que les frères Devéria résidèrent 26, rue des Vallées, chez un parent de Charles Doussault, M. BINEL de la JANNIERE, maire de Fougères et conseiller paroissial. Cette maison, pendant la révolution, avait servi de refuge a la fameuse soeur Nativité du couvent des Urbanistes.                                                                                                                                              Vers 1833, la Fabrique de Saint-Léonard, sur les conseils de Charles Doussault, commanda aux frères Deveria sept tableaux de grandes dimensions, pour le prix de faveur de 500 F. chacun. C'est à cette époque que les deux peintres sont venus à Fougères pour répondre a la demande de la paroisse. Une seule toile est d'Achille Devéria : « L'Assomption ». Les six autres sont de son frère Eugene. Le dessin qui nous occupe aujourd'hui est daté de 1855. Il a donc été réalisé vingt ans après la visite des frères Devéria à Fougères et c'est vraisemblablement ce qui explique le peu de ressemblance du paysage avec la réalité de la vallée du Nançon.                                                                                                Achille DEVERIA a commence comme illustrateur, domaine où il passe pour un précurseur et, dès le Salon de 1822, il exposait des vignettes sur les « Lettres de Madame de Sévigné ». Mais, toute sa vie, il s'est débattu avec les soucis d'argent pour faire vivre sa nombreuse famille : sa grand-mère « verte et ingambe », son père limoge de la Marine en 1816, sa mère « indolente et endormie », ses sœurs Désirée « contrefaite, active et dévouée », Octavie, qui mourra en 1827, et la jeune et jolie Laure, sans compter un petit cousin. Il paie les études artistiques de son frère Eugène, rapin avec barbe a tous crins, dont le talent est contestable et on peut même se demander si Achille - et c'est peut-être le cas pour les tableaux de Fougères - ne composait pas ses toiles. Eugène a avoué, dans ses mémoires : « Il était la tête, j'étais les mains ». Il logeait tout son monde au 45, rue Notre-Dame des Champs, dans une maison « enfouie dans des jardins. Elle avait la tranquillité d'une retraite et la gaieté d'un nid ». Elle fut le centre du romantisme au moment de la bataille d'Hernani. Les portraits de Victor Hugo, de Lamartine et d'Alfred de Vigny par Achille Deveria, de cette époque, sont devenus classiques. En 1829, il épouse Céleste Motte qui lui donnera sept enfants. Il travaillera avec acharnement pour les éduquer convenablement. Les artistes le surnommeront « gros sous ». Cette charge familiale explique l'aspect souvent commercial de l'œuvre d'Achille Deveria. Elle explique aussi sa fécondité extraordinaire : plus de 3 000 lithographies dont 336 portraits contemporains, plus de 300 ouvrages illustrés, indépendamment des peintures et des dessins. Cet immense travail le conduira à la tuberculose dont il mourra le 24 décembre 1857.                                                                                                                                                  Achille, qui était particulièrement doué, se passionne de bonne heure pour la nouvelle technique qu'est la lithographie et, à partir de 1823, influence par son futur beau-père, l'imprimeur lithographe MOTTE, se lance surtout dans le portrait lithographie dont il deviendra un des maîtres. Il est le spécialistes des estampes à la mode 1830. Lancées par Madame Victor Hugo, elles obtiennent un très grand succès. « Sa préoccupation constante est de n'offrir au public que des images agréables. Son crayon se complait surtout à caresser les sujets féminins » (du Pays).                                                                                       « Quelques unes de ces lithographies ont vieilli ; d'autres nous surprennent par leur banalité ; mais il en est qui sont vraiment l'œuvre d'un maitre » (Dict. de biographie française). Malheureusement Achille Deveria n'a pas su se renouveler. Son art charmant ne tarde pas à dater et bientôt les éditeurs délaissent ses compositions. Des 1846, Baudelaire disait « on peut écrire sous chaque estampe de Devéria « Devéria 1830 ». En 1848, devenu républicain, il est nommé conservateur adjoint du Cabinet des Estampes, ou il laissera un souvenir durable d'organisateur et de novateur. Il en deviendra le conservateur quelques mois avant sa mort.                                                                                Dessinateur, lithographe, graveur, illustrateur et peintre, Achille Devéria apparaît comme un « agréable petit maître » qui, par ses estampes plus que par ses peintures fait encore revivre l'époque romantique, révolutionnaire et aimable des débuts de la Monarchie de Juillet. Il a créé également un type de femme alanguie, fraîche et charmante « la femme Devéria » qui caractérise la période 1830-1850. Et Théophile Gautier avait raison d'écrire en 1860 : « On recherchera son œuvre plus tard ».                                        Il est temps maintenant, pour compléter le tableau, de parler de ce curieux abbé Poussinière, homme volant, capable de tordre les clochers. Ce n'est nullement un personnage légendaire. Il a bien existé au XVIIe siècle. Il s'appelait Mathurin TRULLIER, Sieur de la Poussinière en Romagné. Il semble être né vers 1609. Il était prêtre et fut nomme, en 1635, après bien des difficultés et un procès complique, chapelain de l'église Saint-Sulpice a Fougères. Il habitait dans la rue de Lusignan, derrière la cure actuelle. Les miracles du sorcier de Saint-Sulpice ont été, comme toujours, embellis par le temps. Dans l'imagination populaire, l'abbé Poussinière apparaît comme un personnage plutôt sympathique.          Ses  « diableries » sont toujours le fait d'un assez bon diable. Cela ne l'a pas empêche d'être brule vif après avoir été soumis à la question et à la torture des « escarpins ». Poète et fantaisiste, il offre, un jour de Noël enneigé, à ses amis conviés à diner, de magnifiques et succulentes cerises cueillies à l'instant même par sa servante sur le cerisier du jardin. Aimable farceur, il emporte dans les airs jusqu'à Rennes - miracle qui a inspire Achille Deveria - son ami, maître Guillaume Mathieu, syndic de la corporation des marchands de soie et delaine, et échevin de la ville de Fougères. Espiègle contestataire, il provoque par une radieuse journée d'été, une affreuse pluie d'encre qui macule les robes des belles promeneuses de la « place aux Arbres » sous prétexte que ces dames étaient un peu trop décolletées. Humoriste, sarcastique et social, il lui est arrivé de consacrer les pains exposés à l'étalage des boulangers qui ne pouvaient plus vendre leur marchandise et étaient obligés, sous peine de sacrilège, de la bruler ou de la donner aux pauvres. Mais il aimait aussi les petites gens et faisait volontiers du bien.                                La légende rapporte que son servant de messe était un brave tisserand habitant en face de chez lui. Un jour, l'homme « le pria de chercher un autre servant, parce que, disait-il, il n'avait pas trop de tout son temps pour gagner une bonne journée en faisant sa toile ».                                                                      - Qu'appelles-tu une bonne journée ? dit Poussinière.                                                                              - Mais, dit le tisserand, une vingtaine de sous (c'était à l'époque un gros salaire).                                    - Eh bien ! dit l'abbé, continue de servir ma messe et, quoi que tu fasses, je te garantis que tu gagneras toujours tes vingt sous par jour.                                                                                                          Depuis ce temps-là, en effet, que le tisserand ait fait dans sa journée plus ou moins de toiles, peu ou beaucoup, il trouvait toujours moyen de la vendre vingt sous ». (in A. de la Borderie).                      L'abbé Poussinière était-il populaire ? Il est difficile de le dire. Toutefois, il est incontestable qu'il jouissait d'une notoriété certaine. Ses amis, ses adeptes - on dira plus tard ses complices – étaient nombreux et souvent d'excellente condition.                                                                                         Isaac MARAIX était son assistant. Et au cours du procès, 24 autres personnes furent appréhendées comme complices présumés. Quatre personnes furent en outre citées comme témoins, à charge ou à décharge, on ne sait pas. Parmi les accuses, on trouve un prêtre : La Chapelle, deux religieux cordeliers : Bonaventure Maziere et Guillaume Anfray, un tanneur : Andre Bouessel-Tremblaye, à la Bulardière en Bille, un notaire : André Bouessel, un avocat à la cour : Gilles Blanchard, sieur de la Barberye. On remarque également deux femmes : Marguerite Le Blanc et Andrée Le Hardy.                                    Quoi qu'il en soit, Mathurin Trullier, abbé Poussinière, devint rapidement suspect et convaincu de magie et de sorcellerie. Des le 29 janvier 1640, la ville de Fougères enjoignait a son procureur-syndic de poursuivre en justice notre abbé et Isaac Maraix. Cependant le procès ne trouva sa conclusion que deux ans plus tard. Isaac Maraix fut arrete le premier et condamne a être pendu par sentence du Sénéchal de Fougères en date du 7 août 1642. Il fit appel au Parlement et, par arrêt du 25 septembre 1642, l'abbé Poussiniere fut incarcéré a Renne.                                                                                                             La plupart des pièces de ce procès sont perdues. Il ne reste que les arrêts définitifs de la Cour, condamnant à mort l'abbé Poussinière, le 19 janvier 1643, et Isaac Maraix, le 21 janvier suivant. L'abbé Poussinière monta sur le bucher dressé sur les lices à Rennes apres avoir subi la question et fait amende honorable devant la cathédrale Saint-Pierre. Isaac Maraix fut exécuté le surlendemain. Le gibet avait été établi sur la place publique de Rennes dite « Le grant bout de cohue »  En même temps, Gilles Blanchard Barberye et Jean Richart Monteloup étaient condamnés à la potence par contumace et furent exécutés en effigie. Marin Labbé, Andrée Le Hardy, femme de Blanchart-Montigny, et Imbert de la Ronce, s'en tirèrent avec une forte amende de 60 à 100 livres, non compris les dépens. Des autres accusés, on ne sait rien, sauf que le notaire André Bouessel était encore prisonnier, le 6 octobre 1643. 
En conclusion, on peut se demander quelle était la véritable personnalité de l'abbé Poussinière, malgré la minceur des documents relatant cette affaire, mais compte tenu d'une légende en réalité bienveillante et qui est restée longtemps vivace. Le chef d'accusation d'Isaac Maraix est constant dans les deux arrêts. Il est répété trois fois : « accusé d'arts magiques et maléfices au traitement de la peste », « accusé de maléfices au traitement de la peste et d'avoir participé à plusieurs sortilèges avec ledit Trullier », et enfin « avoir use d'arts magiques avec ledit Trullier et de maléfices au traitement de la peste ». Or, Fougères et sa région, furent ravagées par la peste aux environs de 1635, date de l'arrivée de l'abbé Poussiniere a Saint-Sulpice.                                                                                                                                            On peut donc supposer qu'Isaac Maraix était une sorte de médecin, probablement sans diplômes et que l'abbé Poussinière l'a aidé à combattre la maladie grâce à des dons de médium, considérés comme hérétiques. Isaac Maraix était qualifié « d'éventeur », c'est-à-dire celui qui était chargé « d'éventer », de désinfecter les locaux de pestiférés et les convalescents.                                                                    L'abbé Poussinière n'était pas alchimiste. On ne trouve chez lui que des livres et des parchemins, au total 32 pièces, et pas de laboratoire. Les documents sont couverts de « caractères et évocation de démons ». Les études de l'abbé étaient plutôt de caractère cabalistiques et astrologiques. Il est accuse de magie et de sortilèges. Une partie de la légende rappelle son art astrologique. L'abbé Poussiniere avait remarque que son thème astral prévoyait qu'il mourrait « par un âne ». Il se laissa donc arrêter, certain qu'un âne ne pourrait le retrouver en prison et qu'il ne risquait rien. Mais, il fut convaincu de sa perte quand il apprit que le procureur du roi de Fougères qui l'avait fait arrêter - et là nous rejoignons l'histoire - s'appelait Gilles Lasne et qui effectivement fut procureur à Fougères, de 1635 à 1659. Enfin, de nos jours, si on ne brûle plus sur les lices ou place du Marchix les sorciers et autres magiciens, l'abbé Poussinière serait quand même condamné pour avoir « suborné une fille mineure : Guyanne Jannelle ».   Ces quelques réflexions ne permettent guère d'élucider le mystère du fameux abbé Poussiniere, mais on peut remercier Achille Devéria de nous avoir permis, grâce à l'élégance de sa plume et à la marque de son talent, d'évoquer une surprenante affaire et un personnage extraordinaire de l'histoire fougeraise. 

BIBLIOGRAPHIE 

ADHEMAR (J) et LETHEVE (J) - Inventaire du Fonds Français après 1800 (Cabinet des Estampes) T. VI. - Paris 1953                                                                                                                                          AUBREE (E) - Les tableaux des Frères Devéria (Le Réveil Fougerais - 12 novembre 1927).              
BENEZIT (E) - Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs T. 3 - Paris 1966.      BERALDI - Graveurs du XIXe siècle - Paris 1884.                                                                              DEVERIA (G) - Notice biographique sur Théodule Devéria – Paris 1895.                                              DU PAYS (A.J.) - Notice nécrologique : Achille Devéria (L'Illustration - 9 janvier 1858).              DUPLESSIS (G) - Catalogue de la collection des portraits conservés au Cabinet des Estampes.      GAUTHIER (Max.) - La vie et l'art romantique : Achille et Eugène Devéria - Paris 1925.                        La GAZETTE de FRANCE - Année 1643 - P. 132. De Rennes, le 8 février 1643.                              HOEFER (Dr) - Nouvelle biographie générale. T. XIII. - Paris 1848.                                                        LA BORDERIE (A. de) - La légende de l'abbé Poussinière (L'Hermine, revue artistique et littéraire de Bretagne. T.V. 1892 - P. 254)                                                                                                                      LE BOUTEILLER (Vte) - Notes sur l'histoire de la ville et du pays de Fougères - 4 vol. - Rennes 1912-1913.                                                                                                                                                    OGEE - Dictionnaire historique de Bretagne. - T. 5 p. 290 - Rennes 1793.                                PARFOURU (P) - Un procès de sorcellerie au Parlement de Bretagne : la condamnation de l'abbé Poussinière - 1642-1643. (L'Hermine, revue artistique et littéraire de Bretagne. T.IX. 1893)          PAUTREL (E) - Notions d'histoire et d'archéologie pour la région de Fougères - Rennes 1927.      ROGER MARX (C) - La gravure originale au XIXe siècle.                                                                  ROMAN d'AMAT et LIMOUZIN-LAMOTHE (R) - Dictionnaire de biographie française - T. XI - Paris 1967.                                                                                                                                                THOMAS (Ed) - L’abbé Poussiniere - L'Ami de la Maison (revue hebdomadaire illustrée). N° 20 : 22 mai 1856, p. 305-306 et n. 23 : 12 juin 1856, p. 357-358.                                                                          SECHE (L) - Le Cénacle de Joseph Delorme (1827-1830) - T. II - Paris 1912.                                WEIGERT (R.A.) - Les heures de la Parisienne par Achille Devéria (1840) - 24 planches - Paris 1957.

  


18.3.26

Conférence: Yacinthe PILORGE, le porte plume de Chateaubriand

Madame, Monsieur, 


       Nous avons le plaisir de vous inviter à assister à la prochaine conférence qui aura lieu le : 



Vendredi 10 avril 2026, à 20 h 15, Centre culturel des Urbanistes 

Salle Ernest-Feuvrier 



M. Philippe MOUAZAN, écrivain, musicien, chanteur, auteur-compositeur bien connu au Pays de Fougères, nous présentera son dernier ouvrage publié en 2025 :  



Yacinthe PILORGE,  

le porte plume de Chateaubriand 


Un destin extraordinaire. Yacinthe Pilorge est né à Fougères le 14 février 1795. Aîné d’une famille de quinze enfants, il apprend à lire et à écrire et se fait embaucher chez Madame de Chateaubourg, sœur de François-René de Chateaubriand, qui l’engage comme secrétaire en 1818. Yacinthe Pilorge accompagne l’écrivain malouin dans toutes ses ambassades et dans de nombreux ministères : Londres, Berlin, Rome, Vérone… Il est surtout le principal artisan des transcriptions des « Mémoires d’Outre-Tombe ». 

Du 51 de la rue de Rillé, à Fougères, à la rue de Grenelle à Paris où il meurt le 28 mai 1861, Yacinthe Pilorge nous entraîne dans la véritable aventure qu’est son ascension sociale dans cette première partie de ce XIXème siècle, riche en rebondissements.



Philippe Mouazan, avec son humour naturel, nous contera quelques anecdotes sur Chateaubriand à la Sécardais où il venait avec sa sœur Lucile, sur Victor Hugo et Juliette Drouet, voisine de Pilorge rue de Rillé ou encore sur la rencontre de Yacinthe au café du Grenadier à Londres avec Wellington, le vainqueur de Waterloo…


La soirée est ouverte au public et s’adresse à toutes les personnes intéressées, adhérentes ou non.